Polaroïd

Ce qui frappe d'abord dans le travail de Yann Paolozzi, c'est sa justesse.
Ca peut paraître bizarre de parler de justesse lorsqu'il s'agit d'Art, et pourtant c'est le mot juste.

Polaroids, dessins, vidéos, tout ce que j'ai vu de Yann sonne juste.
Tout va à l'essentiel.

Pas de discours, jamais d'anecdote, cet objet là, ici, et maintenant. Ca s'impose.

J'ai sous les yeux un polaroïd aggrandi sur un papier irrégulièrement quadrillé, et "encadré" dans une pochette de plastique "Rajat".

Ce polaroïd représente une paire de tennis aux lacets défaits.

Il y a là, entre le quadrillage un peu raide du papier, la fatigue des chaussures, et la protection souple du plastique, un équilibre et une justesse assez mystérieuse.

C'est rare.

                                                                  Emmanuèle Bernheim